Premier texte d’orientation sur le thème « La sexualisation chez l’enfant » de l’Institut psychanalytique de l’enfant pour la préparation de la sixième Journée de la recherche, 13 mars 2021
Quatre regards sur la différence des sexes
Daniel Roa
Tous les deux ans, le Comité d’Initiative de l’Institut de l’Enfant propose de
l’attention de Jacques-Alain Miller lui suggère un sujet pour ses prochains jours de travail. Pour 2021, un consensus a été atteint sur une seule proposition – « La différence entre les sexes ». Zh.-A. Müller a donné son accord et a confié la présentation à Marie-Hellen Bruce et moi. Alors que nous manquerons le texte d’orientation que nous attendions comme d’habitude, j’y vois une invitation à chacun de nous, ainsi qu’aux groupes et réseaux du champ freudien, à créer un corpus de connaissances qui a du poids par rapport aux changements rapides à la clinique. Ces derniers, particulièrement palpables dans le domaine de l’enfance, témoignent de la dérive des continents de nos croyances – les ressemblances qui nous nourrissent et de nos habitudes – les plaisirs que nous avons adoptés – une dérive qui crée des failles et des zones de fracture. La différence entre les sexes est le nom d’une de ces zones spéciales.
Le psychanalyste n’est ni un gardien du temple ni un libérateur moral
Entrant dans le monde qui le précède, chaque enfant rencontre d’abord cette faille ; il portera désormais la marque de son origine, inscrite dans la langue sous les divers noms de « garçon » et « fille », « homme » et « femme ». Mais ce domaine du sexe et du genreest devenu incertain et soumis à un pari entre courants opposés. Cet enjeu est aujourd’hui présenté de manière tout à fait particulière dans les médias et dans la clinique à travers le sort et le discours des enfants dits « transgenres ». Ils ne se reconnaissent pas dans le genre qui leur est assigné et confirment dès leur plus jeune âge la croyance qu’ils sont nés dans un « mauvais corps » ou dans le « mauvais corps ». Nous devrons apprendre du fait que ces enfants font leur première demande entendue pour changer leur nom en celui de leur choix. Nous interrogeons cet impérieux appel à la famille, corps social, puis juridique, pour leur conférer une identité de genre stable et nouvelle, introduisant ainsi un régime dérogatoire au droit commun qui renvoie à la détermination du genre ainsi qu’à la nom et origine, jusqu’à une mention, jusqu’à une déclaration,
Le fait cliniquement prouvé qu’un sujet peut ne pas vouloir suivre cette voie conventionnelle nous oblige à la repenser et à explorer les identifications de genre. D’une part, elles semblent se réduire « naturellement » à la différence des sexes, et d’autre part, la maintenir, la contrecarrer et l’inscrire dans la fossilisation d’un ordre symbolique. Les psychanalystes sont régulièrement invoqués à ce sujet soit comme gardiens du temple œdipien, soit comme défenseurs du libéralisme moral le plus libéré.
Notre cheminement, dans l’Institut de l’Enfant et dans le champ freudien, consiste à juxtaposer notre pratique, notre clinique, avec les chemins tracés par Freud et Lacan. Sont-ils toujours à jour ? Apportent-ils des réponses qui ont de la valeur par rapport aux obstacles, aux difficultés et aux émotions rencontrés par les enfants, leurs parents et leurs tuteurs ? Nous proposons quatre points de vue sur la « différence des sexes », tirés des travaux de Freud et de Lacan, que nous rapportons à la lecture faite par Zh.-A. Miller, et plus précisément dans son texte « Six Paradigms of Pleasure » [1] .
Nouveau et unique : le sexuel fait la différence !
Le premier point de vue est celui que Freud formule dans la préface de ses « Trois études sur la théorie de la sexualité » [i] en 1910. Il exprime ici son souhait que « ce livre devienne rapidement moderne à tel point que les nouveautés qu’il a amené dans le passé à être universellement accepté » [2]. Mais dans les deux préfaces suivantes de 1915 et 1920, il constate que ce souhait n’a pas été exaucé, et que la réception de sa théorie de la sexualité a oscillé entre accusations de pansexualisme et opposition pure et simple à cette partie de sa découverte. Le facteur sexuel, tel qu’il l’introduit dans le discours universel, est en réalité une nouveauté qui ne peut être « universellement acceptée ». Nouveau et unique, telle est la nature même du sexuel tel qu’il se présente dans la cure analytique. La position que le sujet est dès l’enfance par rapport à cet élément de nouveauté et à cet élément d’unicité introduit pour lui le germe de sa différence absolue. C’est clé dans un traitement, mais aussi au niveau de la civilisation, car cela signifie qu’il y a une différence qui ne relève pas de la ségrégation, contrairement à toutes les autres différences,
Ceci conduit à une difficulté particulière : il n’y a pas de code qui permette au sujet de déchiffrer ce qui lui arrive, et dont il ne sache pas pourquoi cela lui arrive, ni ce que cela signifie. Mais il en a la responsabilité. Et c’est par rapport à cette rupture que se créeront les théories sexuelles des enfants et que se construiront les diverses identifications infantiles. Ainsi, en accord avec Freud, le sexuel crée la différence, et cette position radicale fixe son style sur l’action du psychanalyste : préserver cette unicité, limiter cette nouveauté quand elle crée trop de violence.
Le phallus : un organe bien particulier
Le second point de vue se révèle en 1923 avec le texte intitulé « The Infantile Genital Organization » [3] [ii] et se poursuit en 1925 avec « Some Mental Consequences of the Anatomical Difference between the Sexes » [4]. Le nouvel acteur est ici un organe bien spécifique, le phallus, qui, selon Freud, est dans un rôle de « supériorité » à la vie sexuelle infantile des deux sexes. Il est spécifique parce que son pouvoir dépend uniquement de la possibilité d’être perdu. C’est précisément ce que Freud appelle la « castration », et la phase phallique est le moment où chacun est appelé à prendre position sur la valeur de l’usage de cet organe pour lui. Un siècle de psychologie a émoussé son acuité. C’est un domaine de turbulences dans lequel les garçons et les filles entrent:
– Les garçons avec l’angoisse et sous la menace, du fait qu’ils sont porteurs de ce qu’il faut perdre pour faire la différence. Quelle valeur accorder alors à ce qu’ils croient posséder ? Les gratifications impulsives existantes ne démentent-elles pas les promesses de l’avenir ?
– Concernant les filles, comment la valeur qu’elles accordent à leur propre « manque » déterminera-t-elle leur position ? Une acceptation teintée de soumission qui se transforme en rejet ? Ou en commençant à utiliser le manque, en partant de l’attente et en y allant pour lui donner une préférence absolue ? Ou à une position de rébellion qui le propulse, comme le garçon, dans un monde de menace ?
Ce n’est pas un hasard si cette perspective aboutit aux textes de Freud sur la féminité [5] , ainsi qu’à de nombreux textes de ses étudiantes [6] , car elle fait apparaître un point de départ [iii ] : le manque de ce qu’il faut pour standardiser la différence place la fille dans une position dépendante de la différence sans avoir les moyens de la contenir dans son propre corps. Lacan définira ce moment comme la « dispute du phallus » [7] . Pas étonnant – un seul phallus pour les deux sexes – c’est une guerre assurée ! Si on en croit les magazines et les gender studies ça va continuer… mais faut-il les croire ?
Avant l’épreuve du désir de l’Autre
Le troisième point de vue a été formulé par Lacan entre 1956 et 1959 dans ses séminaires Le rapport à l’objet, Formations de l’inconscient, et Le désir et son interprétation [8] , ainsi que dans son texte de 1958 « La signification du phallus », » dans lequel il propose une solution de niveau à la controverse du phallus. Il fait de ce dernier un troisième terme, qui deviendra le point central autour duquel pourra s’opérer une distinction dialectique entre masculin et féminin. Mais qu’est-ce donc que ce phallus, dont il peut dire, répondant à Freud, que les faits cliniques « montrent un rapport du sujet au phallus qui s’établit indépendamment de la différence anatomique entre les sexes » [9 ]? Ce troisième terme, c’est le phallus comme signifiant, signifiant du désir de l’Autre. Selon Lacan, la position structurelle initiale de l’enfant est qu’il veut être le phallus pour satisfaire le désir de la mère, non qu’il veuille l’avoir ou qu’il consente à l’avoir ou à ne pas l’avoir. C’est ce qu’il appelle « l’épreuve du désir de l’Autre », dont il dira que « la clinique nous montre qu’elle n’est pas déterminante du fait que le sujet comprend s’il a lui-même ou non une réelle phallus, mais à cause de cela, qu’il comprend que la mère ne le possède pas [10] . Ainsi, cet « essai » se présente comme la manière de créer un objet inexistant, la présence d’une absence. La rencontre avec le « phallus de la mère » marque un moment majeur dans le traitement de l’enfant, où cette énigmeQue veut-il de moi ? se répète dans le transfert, et qui deviendra le moteur de la cure. Elle indique aussi le moment où « le sujet découvre que l’Autre ne sait pas » [11] .
Mais si ce phallus englobe probablement tout ce qui est sexuel dans la différence, et si pour répondre « ce phallus que ce que l’enfant a n’a pas plus de valeur que ce qu’il n’a pas » [12] , alors que nous propose-t-il en fait ? Que nous apprend-elle sur la pulsion sexuelle, sur ses objets et sur les événements de corps qui laissent une trace de son emprise, sur toutes les choses qui échappent à l’Autre et qui sous-tendent la solitude et la différence ?
Comment le genre s’inscrit-il dans le discours ?
Le quatrième point de vue prend forme dans l’enseignement de Lacan durant les années 1970-1972, séminaires XVIII et XIX [13] , dans lesquels il reformule les coordonnées d’entrée de chaque être parlant dans ce qu’il appelle le « discours du genre ». Tous les points de vue antérieurs sont présents en elle, et pourtant elle ne leur ressemble en rien. Qu’est ce qui a changé?
Classement [iv] et distinction [v]
Lacan part d’un constat : « personne n’attend du tout la phase phallique pour distinguer une petite fille d’un petit garçon, bien avant qu’ils ne se ressemblent plus du tout. Qu’on s’en émerveille. [14] . Il y a une différence importante, mais ce n’est pas « le genre », car s’il y avait une différence entre les sexes, cela établirait en fait une relation entre les deux sexes, une relation de différence. Cette prétendue « différence » correspond au fait réel qu' »à l’âge adulte, les êtres parlants sont destinés à être classés en mâle et en femelle » [15] . Il s’agit d’une classification qui n’est pas anatomique, mais une pure ressemblance : « ce qui définit un homme, c’est sa relation avec une femme et inversement » [16]. Les soi-disant « homme » ou « femme » n’existent que comme signifiants. Ce sont des similitudes au plus haut degré. Et ils les approchent à ce titre car ils utilisent si bien les spots de duel.
Sur la base de cette « classification » du masculin et du féminin, les garçons et les filles se distinguent, et plus précisément, « ils se distinguent » dans la parole dès leur apparition dans le monde. Cela fait que « cette différence, imposée par la naissance, est en fait très naturelle » [17] , dira Lacan. Ce qui est ainsi inscrit comme différence est en réalité une distinction, comme un titre de noblesse ou un métier intolérable : il y a des « filles qui se distinguent » et des « garçons qui se distinguent » comme tels. D’où vient alors cette distinction fondée sur la ressemblance pure, qui acquiert pour le sujet une réelle valeur de plaisir sexuel ?
Dépendance [vi] aux similitudes
Zh.-A. Miller a évalué dans son texte « Vers l’adolescence » [vii] l’expression de Lacan « ingérence de l’adulte chez l’enfant » pour indiquer « qu’il y a prémonition de la position de l’adulte chez l’enfant » [18] . Nous l’appliquons ici à cette distinction garçon/fille, qui s’appuie sur la classification homme/femme étage supérieur.
Un premier aspect de cette intervention est que les identifications de genre sont toujours dépendantes des ressemblances : tout ce qui est recherché comme contenu d’une identité de genre, masculine ou féminine, se déploiera inévitablement dans la dimension de la parade ou de la mascarade. Voici la dimension dite aujourd’hui de la « parenté ».
L’autre dimension, plus fondamentale, repose sur le fait que, de la part de l’adulte, le plaisir dit sexuel s’avère « dépendant d’une ressemblance ». Ainsi en « situation réelle », c’est-à-dire chaque fois que le sujet est invoqué en tant qu’homme ou en tant que femme, ces ressemblances ont une force réelle qui agit comme une barrière entre les deux.
Il y a une thèse forte de Lacan : dans la rencontre de deux corps qui ont le sexe, « le phallus est le réel du plaisir sexuel, en tant qu’il est séparé comme tel » [19 ] . Le phallus est ici « l’obstacle » au rapport des sexes et donc à la « bipolarité des genres » [20] . Ce n’est pas le nom du plaisir sexuel dans le rapport d’un sexe à l’autre, qui est la promesse de la pornographie, qui a pris le relais du fantasme, mais plutôt l’indice du plaisir sexuel en tant qu’il s’interpose entre un sexe et L’autre. Le phallus perd ici son statut de signifiant de présence sexuelle, mais gagne sa fonction de signifiant de plaisir : selon Lacan, c’est l’effet de surprise dans la cure analytique.
L’intervention de l’adulte chez l’enfant, ici c’est le fait que l’enfant sera amené à se différencier et à se différencier en garçon ou en fille en fonction de cette ressemblance créée à l’âge adulte, selon une autre logique et une autre économie du plaisir , contrairement à celle qui prévaut dans l’enfance. Comment peut-il s’en rendre compte alors qu’on ne lui demande pas encore de payer « le prix qui sera demandé ensuite par la petite différence » [21]? Ici s’établit une dépendance de ressemblance entre les générations, dépendance qui montre et cache à la fois le réel de la jouissance active, et qui donne sa consistance à la structure familiale sous ses multiples variétés. Ainsi la famille apparaît à la fois comme le lieu où se transmet l’échec du sexuel et comme celui où il le masque, en l’occurrence sans la médiation d’Œdipe, mais non sans castration, en l’occurrence la castration du plaisir.
La manière dont nous accueillons et travaillons au plus près des familles modernes permettra de retrouver et d’éclairer ce qui se fait en ce lieu. Ici se montre la permanence de la dimension de « religion privée », qui peut donner une consistance à chacune d’elles : l’étalage simultané de la jouissance et des rituels qui la sacrifient aux fins de la permanence de son existence. Mais c’est aussi l’opportunité offerte aux hommes et aux femmes modernes de ne pas effacer ou se cacher derrière les figures de la paternité, de la maternité ou de la parentalité. Cela seul peut ouvrir de nouvelles manières d’être un père ou une mère sans norme préalable, ce qui ne peut qu’inquiéter les femmes et les hommes qui l’entreprennent.
La crise du phallus
Garçons et filles qui se distinguent sur la base d’un choix de plaisir qui détermine les positions de l’homme ou de la femme, qui se présente comme une classification signifiante : c’est ce que Lacan appelle « l’erreur générale » [22 ] . Cette erreur manifeste à chaque moment de la subjectivité une situation de « crise », c’est-à-dire de choix. Ici Lacan ramène les coordonnées freudiennes de la phase phallique pour montrer sa logique. « La vérité à laquelle aucune de ces jeunes créatures parlantes n’a été confrontée est qu’elle a ce qu’elles n’ont pas – le phallus. Une double entrée dans le manque, puisqu’il a ce qu’ils n’ont pas, et que cette vérité leur manquait jusqu’à présent. [23]Ce qui est nouveau ici, c’est de se situer dans la dimension de l’événement, dans le champ de la vérité : « dans une vérité nouvelle, nous ne pouvons nous contenter de lui trouver une place, car ce dont il s’agit, c’est de prendre notre place en elle. Cela nous oblige à remuer. [24]
Selon ce point de vue, la crise susmentionnée n’est pas chronologique, mais logique, en ce sens qu’elle est toujours actuelle. On ne s’y habitue pas, il n’y a pas d’âge pour ça. Cette double invasion du manque se déclenche chaque fois que le sujet doit prendre position dans une « situation réelle » dans laquelle son désir et sa jouissance sont affectés, dans laquelle il est confronté à l’énigme du désir de l’Autre ou à l’insistance de sa demande, à son amour ou à sa haine, ou à la présence de sa jouissance, que cette situation réelle affecte directement ou indirectement, par identification à un tiers.
Ainsi, la crise de la phase phallique peut être pensée comme une crise du phallus lui-même qui, du moment qu’il passe à la ressemblance, devient un instrument de la fonction de castration pour l’être parlant, adulte ou enfant, chaque fois qu’il accepte la défi de son identification sexuelle.
Identifications et symptômes
Une identification de genre, qu’elle soit « fille » ou « garçon », « homme » ou « femme », n’est-elle pas toujours une identification de crise ? Trois raisons à cela :
– elle est instable, puisqu’elle projette le corps parlant dans l’univers des ressemblances, ce qui ne va pas sans perte, perte sans collatéral, ce qu’on appelle la « castration » ;
– elle est toujours actuelle au sens où elle agit dans un choix ici et maintenant ;
– elle est toujours symptomatique, dans la mesure où les similitudes invoquées ne cadrent pas le plaisir en question, le plaisir sexuel, toujours en excès, dans l’économie du plaisir de son propre corps ; il souligne l’écart entre similitude et jouissance.
Le psychanalyste ou le praticien n’est-il pas précisément interpellé dans un tel moment de crise à propos d’un de ces troubles de l’enfance qu’on promulgue aujourd’hui sous des noms qui revêtent l’apparence d’experts ? Ne devrions-nous pas faire en sorte que ce que le refoulement, le symptôme ou l’anxiété signifie pour l’enfant soit entendu ? Ces diverses perturbations ne sont-elles pas en réalité des réponses et des défenses contre ce moment de crise où devient visible l’identification phallique affaiblie qui a jusqu’alors soutenu cet enfant ? Doit-on considérer que cette identification phallique – toujours disponible dans l’enfance et privilégiée aujourd’hui au sein de la famille et dans le discours général – permet effectivement à un enfant de tenir à distance les enjeux de l’identification de genre ? Ne faut-il pas plutôt voir la crise du phallus comme le moment clé où la vie de l’enfant est symptomatisée, où il commence à apprendrele mode symptomatique de son entrée dans le discours du genre ? « L’identification de genre ne consiste pas pour une personne à croire qu’elle est un homme ou une femme, mais à se rendre compte, le garçon – qu’il y a des femmes, la fille – qu’il y a des hommes ». [25] De toute évidence, il existe de nombreuses façons d’expliquer cela, mais elles ne sont en aucun cas normalisées.
Voilà, en effet, la nouvelle donne qui lie les garçons et les filles d’aujourd’hui, qui seront désormais plus directement confrontés aux indiscrétions de castration qu’incarnent les hommes et les femmes qui les entourent et les accueillent. Cette rupture trouve un nom dans la langue dans laquelle l’enfant est parlé, ainsi que dans celle dans laquelle on en parle – le nom de la « différence des sexes » – au risque de tous les malentendus et de toutes les erreurs. Nous ne les dénonçons pas comme étant des fictions, mais acceptons comme telles les fictions de l’enfant qui nous parle, fictions qui portent la marque de la différence absolue qu’elles contiennent, toujours sexuelles.
Dans son texte « L’enfant et la connaissance », Zh.-A. Miller nous a donné le vecteur qui guide notre action : « L’Institut de l’Enfant doit redonner à l’enfant la place du savoir, à ce que les enfants savent. » [26] Ainsi, au cours des deux prochaines années, nous apprendrons de ce que les enfants, filles et garçons, savent sur la différence entre les sexes, ce qu’ils veulent ou ne veulent pas savoir à ce sujet, ce qu’ils peuvent et ne peuvent pas savoir .
(Texte édité par Hervé Damas avec Frédéric Bouvet, révisé par l’auteur)
Traduction en bulgare : Angel Angelov
[i] Bpr. La traduction bulgare a été utilisée dans : Freud, Z., « Psychologie de la sexualité », maison d’édition Hr. Botev, Sofia, 1991
[ii] B.pr. La traduction bulgare a été utilisée dans : Freud, Z., « Psychologie de la sexualité », maison d’édition Hr. Botev, Sofia, 1991
[iii] B.pr. Point de fuite : un point imaginaire où, du point de vue de l’observateur, les projections bidimensionnelles de plusieurs lignes parallèles de l’espace tridimensionnel semblent se croiser (BulNet Dictionary 3.0, BAS, Computational Linguistics Section, http://dcl . bas.bg/bulnet/ )
[iv ] B. pr. Du français «répartition». Dans le texte, il est traduit par « classification », mais il peut également être compris comme « distribution ».
[v] Bpr. Du français «distinction». Dans le texte, il est traduit par « distinction », mais il peut également être compris comme « reconnaissance », « distinction », etc.
[vi] B.pr. Ici, et presque partout ailleurs dans cette partie de la langue française, le mot « solidarité » – littéralement solidarité – est utilisé. En bulgare, le sens de dépendance a été choisi, mais il peut aussi être compris comme « solidarité » avec/à/entre selon le contexte.
[vii] B.pr. La traduction bulgare du site Web BOLP a été utilisée, http://sbpl.bg/index.php?option=com_content&view=article&id=28:v-posoka-na-yunoshestvoto-zhak-alen-miler&catid=35:2016-03- 10 -10-51-24&lang=fr&Itemid=164
[1] Miller J.-A., «Les six paradigmes de la jouissance», La Cause freudienne n° 43, octobre 1999, p. 7-29.
[2][2] Freud S., Trois essais sur la théorie sexuelle, Paris, Gallimard, 1987, p. 27.
[3] Freud S., «L’organisation génitale infantile» 1923, La vie sexuelle, Paris, puf, 1969, p. 113-122.
[4] Freud S., «Quelques conséquences psychiques de la différence anatomique entre les sexes», La vie sexuelle, Paris, puf,1969.
[5] Freud S., «La féminité» [1931] & «Sur la féminité» [1932], Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse, Paris, Gallimard, 1987.
[6] Cf. Hamon M.-C., Pourquoi les femmes aiment-elles les hommes?, Paris, Seuil, 1992 & Féminité Mascarade, études psychanalytiques réunies par M.-C. Hamon, Paris, Seuil, 1994.
[7] Lacan J., «La signification du phallus», Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 686. À ce propos, lire les deux articles de référence de Pierre Naveau : «La querelle du phallus», La Cause freudienne n° 24, janvier 1993, p. 12-16, et «La comédie du phallus», La Cause du désir n° 95, avril 2017, p. 25-32.
[8] Lacan J., Le Séminaire, livre iv, La relation d’objet, Paris, Seuil, 1994 ; Le Séminaire, livre v, Les formations de l’inconscient, Paris, Seuil, 1998 ; Le Séminaire, livre vi, Le désir et son interprétation, Paris, La Martinière / Le Champ freudien, 2013.
[9] Lacan J., «La signification du phallus», op. cit., p. 686.
[10] Ibid ., p. 693.
[11] Cf. Miller J.-A., «Interpréter l’enfant», Paris, Navarin, Collection de la petite Girafe n° 3, 2015, p. 24.
[12] Lacan J., «La signification du phallus», op. cit., p. 693.
[13] Lacan J., Le Séminaire, livre xviii, D’un discours qui ne serait pas du semblant, Paris,Seuil, 2006 & Le Séminaire, livre xix, … Ou pire, Paris, Seuil, 2011.
[14] Lacan J., Le Séminaire, livre xviii, op. cit., p. 31.
[15] Ibid., p. 31.
[16] Idem. , p. 31-32.
[17] Lacan J., Le Séminaire, livre xix, op. cit., p. 15.
[18] Miller J.-A., «En direction de l’adolescence», Après l’enfance, Paris, Navarin, Collection de la petite Girafe n° 4, 2017, p. 19.
[19] Lacan J., Le Séminaire, livre xviii, op. cit., p. 34.
[20] Ibid., p. 67.
[21] Lacan J., Le Séminaire, livre xix, op. cit., p. 16.
[22] Ibid., p. 17.
[23] Lacan J., Le Séminaire, livre xviii, op. cit., p. 34.
[24] Lacan J., «L’instance de la lettre dans l’inconscient ou la raison depuis Freud», Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 521
[25] Lacan J., Le Séminaire, livre xviii, op. cit., p. 34.
[26] Miller J.-A., «Le savoir de l’enfant», Peurs d’enfants, Paris, Navarin, Collection de la petite Girafe n° 1, 2011, p. 18.
Първи ориентиращ текст за темата „Сексуацията при децата” на Психоаналитичния институт за детето за подготовката на Шестия изследователски ден, 13 март 2021
Четири гледни точки за различието между половете
Даниел Роа
Всеки две години Инициативният комитет на Института за детето предлага на
вниманието на Жак-Ален Милер предложения за тема за следващите си работни дни. За 2021 г. се достигна до единомислие за едно единствено предложение – “Различието между половете”. Ж.-А. Милер даде своето одобрение и възложи представянето на Мари-Елен Брус и на мен. Макар че текстът за ориентация, който ние очаквахме както обикновено, ще ни липсва, тук виждам поканата отправена към всеки от нас, както и към групите и мрежите на Фройдистко поле, да създадат едно знание, което да има тежест по отношение на бързите поврати в клиниката. Последните, особено осезателни в полето на детството, свидетелстват за континенталния дрейф на нашите убеждения – подобията, които ни поддържат и за нашите навици – наслажденията, които сме приели – дрейф, който създава линии на разлом и зони на разчупване. Различието между половете е името на една от тези специални зони.
Психоаналитикът – нито пазач на храма, нито морален освободител
Влизайки в света, който го предшества, всяко дете първо се сблъсква с този разлом; то ще носи оттук нататък неговия белег на произход, вписан в езика под различните имена “момче” и “момиче”, “мъж” и “жена”. Но тази зона sex and gender е станала несигурна и обект на залог между противоположни течения. Този залог е представен по най-специален начин днес в медиите и в клиниката чрез бедственото положение и дискурса на децата наречени “трансполови”. Те не се разпознават в пола, който им е отреден и утвърждават от много ранна възраст убеждението, че са родени в “лошо тяло” или в “грешно тяло”. Ние ще трябва да се научим от факта, че тези деца правят така, че да се чуе като първо искане една промяна на името с такова, което те самите са си избрали. Ние се питаме за тази настоятелна молба отправена към семейството, социалното тяло, след това юридическото, да им се осигури една полова идентичност, която е стабилна и нова, въвеждайки така един режим на дерогация на общото право, който отнася определянето на пола, както и на името и произхода, до едно изказване, до една декларация, от страна на този, който е отговорен за пристигането на едно ново говорещо същество в света.
Клинично потвърденият факт, че един субект може да не иска да премине през този общоприет път ни кара да го преосмислим и да изследваме половите идентификации. От една страна изглежда, че те се свеждат “естествено” до разликата между половете, а от друга, че я поддържат, противопоставят и вписват във вкаменелостта на един символичен порядък. Психоаналитиците редовно са призовавани по този въпрос или като пазители на едиповия храм, или като застъпници на най-освободения морален либерализъм.
Нашият път, в Института за детето и във Фройдистко поле, се състои в съпоставяне на нашата практика, нашата клиника, с пътеките проправени от Фройд и Лакан. Актуални ли са те все още? Дават ли те отговори, които имат стойност по отношение на пречките, затрудненията и емоциите, пред които са изправени децата, техните родители и възпитатели? Предлагаме четири гледни точки за “различието между половете”, извлечени от творчеството на Фройд и Лакан, които съотнасяме към прочита, който е направил Ж.-А. Милер, и по-точно в неговия текст “Шест парадигми на наслаждението”[1].
Ново и уникално: сексуалното създава различието!
Първата гледна точка е тази, която Фройд формулира в предговора на неговите “Три студии върху теорията на сексуалността”[i]през 1910 г. Тук той изразява своето пожелание “тази книга бързо да стане модерна до такава степен, че новостите, които тя е донесла в миналото да бъдат всеобщо приети”[2]. Но в следващите два предговора от 1915 г. и 1920 г. той констатира, че това пожелание не е било удовлетворено, и че посрещането на неговата теория за сексуалността се е разпространило между обвинения за пансексуализъм и явна съпротива към тази част от неговото откритие. Сексуалният фактор, какъвто той го въвежда в универсалния дискурс, е всъщност една новост, която не може да бъде “всеобщо приета”. Нов и уникален, такъв е самият характер на сексуалното както се представя в аналитичното лечение. Позицията, че субектът от детството е във връзка с този елемент на новост и с този елемент на уникалност, въвежда за него зародиша на неговото абсолютно различие. Това е ключово в едно лечение, но също така и на нивото на цивилизацията, тъй като означава, че съществува едно различие, което не произлиза от сегрегацията, за разлика от всички други различия, които социалното създава.
Това води до една особена трудност: няма код, който да дава възможност на субекта да дешифрира това, което му се случва, и което той не знае защо му се случва, нито какво означава. Обаче той има отговорността за това. И по отношение на този разлом ще бъдат създадени детските сексуални теории и ще бъдат изградени различните идентификации от детството. Така, в съгласие с Фройд, сексуалното създава различието и тази радикална позиция задава своя стил върху действието на психоаналитика: да запази тази уникалност, ограничаване на тази новост когато тя създава твърде много насилие.
Фалосът: един много специфичен орган
Втората гледна точка се разкрива през 1923 г. с текста, който носи заглавието “Инфантилната генитална организация”[3][ii]и продължава през 1925 г. с “Някои психични последствия за анатомичната разлика между половете”[4]. Новото действащо лице тук е един много специфичен орган, фалосът, който, според Фройд е в роля на “превъзходство” спрямо детския сексуален живот по отношение и на двата пола. Той е специфичен, тъй като неговата сила зависи единствено от възможността да бъде загубен. Точно това Фройд нарича “кастрация” и фалическата фаза е моментът, в който всяка или всеки са призовани да заемат позиция по отношение на стойността на употребата на този орган за тях. Един век на психология притъпи неговата острота. Това е една зона на турбуленции, в която влизат момчета и момичета:
– Момчетата с тревогата и под заплахата, заради факта, че са носители на това, което трябва да бъде загубено, за да се създаде различието. Каква стойност тогава да се даде на това, което те вярват, че притежават? Съществуващите нагонни удовлетворения не опровергават ли обещанията за бъдещето?
– По отношение на момичетата, как стойността, която те придават на собствената си “липса”, ще определи тяхната позиция? Приемане с нюанс на подчиненост, което се превръща в отхвърляне? Или като започнат да употребяват липсата, тръгвайки от чакането и стигайки до там да й придадат абсолютно предпочитание? Или до позиция на бунтуване, която го въвежда подобно на момчето в един свят на заплаха?
Не е случайност, че тази гледна точка завършва с текстовете на Фройд, които са посветени на женствеността[5], както и с многобройни текстове на негови ученички[6], тъй като тя прави така, че да се появи една убежна точка[iii]: липсата на това, което е нужно, за да се стандартизира разликата, поставя момичето в позиция, която е зависима от различието без да притежава средствата за да може да го ограничи в нейното собствено тяло. Лакан ще определи този момент като “спора за фалоса”[7]. Не е учудващо – един единствен фалос за двата пола – това е сигурна война! Ако вярваме на списанията и на gender studies тя ще продължи…, но трябва ли да им вярваме?
Пред изпитанието на желанието на Другия
Третата гледна точка е формулирана от Лакан между 1956 г. и 1959 г. в неговите семинари “Връзката с обекта”, “Образуванията на несъзнаваното” и “Желанието и неговата интерпретация”[8], както и в неговия текст от 1958 г. “Означаването на фалоса”, в който той предлага едно решение на нивото на спора за фалоса. Той прави от последния един трети термин, който ще стане централната точка, около която може да се случи едно диалектично разграничаване между мъж и жена. Но какъв тогава e този фалос, за който той може да каже, отговаряйки на Фройд, че клиничните факти “показват една връзка на субекта с фалоса, която се установява независимо от анатомичната разлика между половете”[9]? Този трети термин, това е фалосът като означаващо, означаващо за желанието на Другия. Според Лакан първоначалната структурна позиция на детето е, че то иска да е фалоса, за да задоволи желанието на майката, а не че то иска да го има или че то се съгласява да го, или да не го притежава. Това е, което той нарича “изпитанието на желанието на Другия”, за което той ще каже, че “клиниката ни показва, че тя не е определяща поради факта, че субектът разбира дали той самият има или няма реален фалос, а заради това, че той разбира, че майката не го притежава[10]. По този начин това “изпитание” се представя като начина за създаване на един несъществуващ обект, на присъствието на едно отсъствие. Срещата с “фалоса на майката” показва един основен момент от лечението на детето, където тази загадка Какво иска той от мен? се повтаря в преноса, и която ще стане двигателят на лечението. Тя посочва също така и момента, в който “субектът открива, че Другият не знае”[11].
Но ако този фалос вероятно обхваща всичко сексуално, което има в различието, и ако за да отговорим “на този фалос, че това, което детето има, няма по-голяма стойност отколкото това, което то няма”[12], тогава какво всъщност ни предлага той? Какво ни казва за сексуалния нагон, за неговите обекти и за събитията на тялото, които оставят следа за неговото влияние, за всички неща, които убягват на Другия, и които са в основата на самотата и различието?
Как става вписването в дискурса на пола?
Четвъртата гледна точка се оформя в учението на Лакан през годините 1970-1972, семинари XVIII и XIX [13], в които той преформулира координатите на вписване на всяко говорещо същество в това, което той нарича “дискурс на пола”. Всички предишни гледни точки присъстват в нея и въпреки това тя по нищо не прилича на тях. Какво се е променило?
Класифициране[iv]и разграничение[v]
Лакан тръгва от една констатация: “никой изобщо не чака фалическата фаза за да разграничи едно малко момиче от едно малко момче, много преди това те вече изобщо не си приличат. Да се удиви човек на това.”[14]. Има една важна разлика, но тя не е “полова”, тъй като ако го имаше различието между половете, то в действителност би установило една връзка между двата пола, една връзка на различие. Това така наречено “различие” съответства на реалния факт, че “в зряла възраст, съдбата на говорещите същества е да се класифицират като мъже и жени”[15]. Това е едно класифициране, което не е анатомично, а е чисто подобие: “това, което определя мъжа е неговата връзка с жената и обратно”[16]. Така наречените “мъж” или “жена” съществуват единствено като означаващи. Това са подобия в най-висока степен. И те подхождат към тях в това им качество както използват толкова добре местата за дуел.
Основавайки се върху това “класифициране” на мъж и жена, момчетата и момичетата се разграничават, и по-точно “те биват разграничени” в речта от момента на тяхната поява в света. Това прави така че “това различие, която се налага по рождение, в действителност е много естествено”[17], ще каже Лакан. Това, което по този начин е регистрирано като различие всъщност е едно разграничаване, като една благородническа титла или едно непоносимо призоваване: има “момичета, които са разграничени” и “момчета са разграничени” като такива. Откъде тогава идва това основано на чисто подобие разграничение, което придобива за субекта реална стойност на сексуално наслаждение?
Зависимостта[vi]от подобията
Ж.-А. Милер е оценил в своя текст “В посока на юношеството”[vii]израза на Лакан “вмешателство на възрастния в детето” за да посочи, “че има едно предусещане на позицията на възрастния в детето”[18]. Ние го прилагаме тук към това различие момче/момиче, което се извършва въз основа на класифицирането на по-горния етаж мъж/жена.
Един първи аспект на това вмешателство е, че половите идентификации са винаги зависими от подобия: каквото и да се търси като съдържание на една полова идентичност, мъжка или женска, неизбежно ще се разгърне в измерението на парада или на маскарада. Тук е така нареченото днес измерение на “рода”.
Другото измерение, което е по-фундаментално, се основава на факта, че от страната на възрастния, наслаждението, наречено сексуално, се оказва “зависимо от едно подобие”. Така в една “реална ситуация”, което означава всеки път, когато субектът е призован като мъж или като жена, тези подобия имат една реална сила, която действа като препятствие между двете.
Има една силна теза на Лакан: в срещата на две тела, които имат пол, “фалосът е реалното на сексуалното наслаждение, доколкото то е отделено като такова”[19]. Фалосът тук е “препятствието” по отношение на връзката между половете и следователно пред “половата биполярност”[20]. Той не е името на сексуалното наслаждение във връзката на единия пол с другия, което е обещанието на порнографията, която е поела щафетата на фантазма, а по-скоро указателят на сексуалното наслаждение, доколкото то се намесва между единия пол и другия. Фалосът загубва тук своя статут на означаващо на сексуалното присъствие, но печели своята функция на означаемо на наслаждението: според Лакан това е ефектът на изненадата в аналитичното лечение.
Вмешателството на възрастния в детето, тук това е фактът, че детето ще бъде водено до това да бъде разграничено и да се разграничи като момче или момиче в зависимост от това подобие, създадено в зряла възраст, според една друга логика и една друга икономика на наслаждението, за разлика от тази, която преобладава в детството. Как може то да си даде сметка за нея докато от него все още не се иска да плати “цената, която ще бъде поискана впоследствие от малката разлика”[21]? Тук се установява една зависимост на подобие между поколенията, зависимост, която показва и едновременно прикрива реалното на действащото наслаждение, и която дава консистентността си на семейната структура под нейните толкова многообразни разновидности. Така семейството се появява едновременно като мястото, в което се предава провала на сексуалното и като това, където то го маскира, в случая без посредничеството на Едип-а, но не и без кастрация, в случая кастрация на наслаждение.
Начинът, по който посрещаме и работа ни в близост до съвременните семейства ще намерят и изяснят какво се изработва на това място. Тук се показва постоянството на измерението на “частна религия”, което може да придаде една консистентност на всяко едно от тях: едновременно показване на наслаждението и ритуалите, които го принасят в жертва за целите на постоянството на неговото съществуване. Но това също така е и възможността, която е предложена на мъже и на жени от съвремието да не се заличават или да се крият зад фигурите на бащинство, майчинство, или родителство. Единствено това може да открие нови начини човек да е баща или да е майка без предварителен стандарт, което не може да не тревожи тези жени и мъже, които се заемат с това.
Кризата на фалоса
Момчета и момичета, които са разграничени въз основата на един избор на наслаждение, който определя позициите мъж или жена, който е представен като едно означаващо класифициране: това е, което Лакан нарича “общата грешка”[22]. Тази грешка показва във всеки момент на субективност една ситуация на “криза”, което означава на избор. Тук Лакан връща отново Фройдовите координати на фалическата фаза за да покаже нейната логика. “Истината, пред която нито едно от тези млади говорещи същества не се е изправило е, че в нея има това, което те нямат – фалоса. Двойно навлизане в липсата, тъй като в нея има това, което те нямат и тъй като тази истина е липсвала до този момент.”[23]Новото, което има тук, е да се поставим в измерението на събитието, в полето на истината: ”в една нова истина, не можем да се задоволим да й намерим място, тъй като това, за което става въпрос, е да заемем нашето място в нея. Тя изисква да се разбъркваме.”[24]
Според тази гледна точка, гореспоменатата криза не е хронологична, а логическа, в смисъл, че тя винаги е актуална. Към нея не се привиква, няма възраст за това. Това двойно нахлуване на липсата се задейства всеки път когато субектът се налага да заеме позиция в една “реална ситуация”, в която неговото желание и неговото наслаждение са засегнати, в която той е изправен пред загадката на желанието на Другия или пред настойчивостта на неговото искане, пред неговата любов или пред неговата омраза, или пред присъствието на неговото наслаждение, което тази реална ситуация засяга пряко или непряко, чрез идентификация с един трети.
Така кризата на фалическата фаза може да се смята като криза на самия фалос, който в момента, в който той преминава в подобие става инструмент на функцията кастрация за говорещото същество, възрастен или дете, всеки път когато то приема предизвикателството на своята полова идентификация.
Идентификации и симптоми
Една полова идентификация, дали “момиче” или “момче”, “мъж” или “жена” не е ли винаги една идентификация на криза? Три причини за това:
– тя е нестабилна, тъй като тя проектира говорещото тяло във вселената на подобията, което не се случва без загуба, загуба без обезпечение, която се нарича “кастрация”;
– тя е винаги актуална в смисъл, че тя действа в един избор тук и сега;
– тя е винаги симптоматична, доколкото призованите подобия не успяват да впишат въпросното наслаждение, сексуалното наслаждение, което винаги е в излишък, в икономиката на наслаждението на собственото тяло; тя подчертава несъответствието между подобията и наслаждението.
Не e ли психоаналитикът или практикът призован именно в един такъв момент на криза по отношение на едно от тези смущения в детството, които се разпространяват днес под наименования, които са прикрития на експерти? Не трябва ли да направим така, че да се чуе какво е значението на потискането, на симптома или на тревогата за детето? Тези различни смущения не са ли в действителност отговори и защити срещу този момент на криза, в който се вижда отслабената фалическа идентификация, която е поддържала дотогава това дете? Трябва ли да смятаме, че тази фалическа идентификация – винаги на разположение в периода на детството и привилегирована днес в лоното на семейството и в общия дискурс – позволява действително на едно дете да държи на разстояние залозите на половата идентификация? Не трябва ли да разглеждаме кризата на фалоса по-скоро като ключовия момент, в който се симптоматизира живота на детето, в който то започва да научава синтоматичния режим на своето вписване в половия дискурс? “Половата идентификация не се състои в това човек да вярва дали е мъж или жена, а да си дава сметка, момчето – че има жени, момичето – че има мъже”.[25]Очевидно има много начини човек да си дава сметка за това, но те по никакъв начин не са стандартизирани.
Ето в действителност новата сделка, в която са обвързани днешните момчета и момичета, които занапред ще са по-пряко конфронтирани с неразбориите на кастрацията, каквито са въплътени при мъжете и жените, които са около тях и ги посрещат. Този разлом намира име в езика, на който се говори на детето, както и в този, в който се говори за него – името на “разликата между половете” – с риска от всички неразбирателства и от всички грешки. Ние не ги заклеймяваме заради това, че са фикции, а напротив, приемаме като такива фикциите на детето, което ни говори, фикции, които носят белега на абсолютното различие, което те съдържат, винаги сексуално.
В своя текст “Детето и знанието”, Ж.-А. Милер ни е дал вектора, който насочва нашето действие: “Институтът за детето следва да възстанови мястото на знанието на детето, за това, което децата знаят.”[26]Следователно следващите две години, ние ще се учим от това, което децата, момичета и момчета, знаят за разликата между половете, за това, което те искат или не искат да знаят за нея, за това, което те могат и не могат да знаят.
(Текстът е редактиран от Ерве Дамас заедно с Фредерик Буве, прегледан е от автора)
Превод на български език: Ангел Ангелов
[i]Б.пр. Използван е българският превод във: Фройд, З., “Психология на сексуалността”, издателство Хр.Ботев, София, 1991
[ii] Б.пр. Използван е българският превод във: Фройд, З., “Психология на сексуалността”, издателство Хр.Ботев, София, 1991
[iii]Б.пр. Убежна точка: въображаема точка, в която от перспективата на наблюдателя двумерните проекции на множество успоредни линии от тримерното пространство привидно се пресичат, (Речник БулНет 3.0, БАН, Секция по компютърна лингвистика, http://dcl.bas.bg/bulnet/ )
[iv] Б.пр. От френски «répartition». В текста е преведено “класифициране”, но може да се разбира също и като “разпределение”.
[v] Б.пр. От френски «distinction». В текста е преведено “разграничение”, но може да се разбира също и като “разпознаване”, “различаване” и др.
[vi]Б.пр. Тук и на почти всички останали места в тази част на френски език е използвана думата “solidarité” – буквално солидарност. На български език е избрано значението на зависимост, но може да се разбира и като “солидарност” с/към/между в зависимост от контекста.
[vii]Б.пр. Използван е българският превод от страницата на БОЛП, http://sbpl.bg/index.php?option=com_content&view=article&id=28:v-posoka-na-yunoshestvoto-zhak-alen-miler&catid=35:2016-03-10-10-51-24&lang=bg&Itemid=164
[1] Miller J.-A., «Les six paradigmes de la jouissance», La Cause freudienne n° 43, octobre 1999, p. 7-29.
[2][2] Freud S., Trois essais sur la théorie sexuelle, Paris, Gallimard, 1987, p. 27.
[3] Freud S., «L’organisation génitale infantile» 1923, La vie sexuelle, Paris, puf, 1969, p. 113-122.
[4] Freud S., «Quelques conséquences psychiques de la différence anatomique entre les sexes», La vie sexuelle, Paris, puf,1969.
[5] Freud S., «La féminité» [1931] & «Sur la féminité» [1932], Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse, Paris, Gallimard, 1987.
[6] Cf. Hamon M.-C., Pourquoi les femmes aiment-elles les hommes?, Paris, Seuil, 1992 & Féminité Mascarade, études psychanalytiques réunies par M.-C. Hamon, Paris, Seuil, 1994.
[7] Lacan J., «La signification du phallus», Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 686. À ce propos, lire les deux articles de référence de Pierre Naveau : «La querelle du phallus», La Cause freudienne n° 24, janvier 1993, p. 12-16, et «La comédie du phallus», La Cause du désir n° 95, avril 2017, p. 25-32.
[8] Lacan J., Le Séminaire, livre iv, La relation d’objet, Paris, Seuil, 1994 ; Le Séminaire, livre v, Les formations de l’inconscient, Paris, Seuil, 1998 ; Le Séminaire, livre vi, Le désir et son interprétation, Paris, La Martinière / Le Champ freudien, 2013.
[9] Lacan J., «La signification du phallus», op. cit., p. 686.
[10] Ibid., p. 693.
[11] Cf. Miller J.-A., «Interpréter l’enfant», Paris, Navarin, Collection de la petite Girafe n° 3, 2015, p. 24.
[12] Lacan J., «La signification du phallus», op. cit., p. 693.
[13] Lacan J., Le Séminaire, livre xviii, D’un discours qui ne serait pas du semblant, Paris,Seuil, 2006 & Le Séminaire, livre xix, … Ou pire, Paris, Seuil, 2011.
[14] Lacan J., Le Séminaire, livre xviii, op. cit., p. 31.
[15]Ibid., p. 31.
[16]Ibid., p. 31-32.
[17] Lacan J., Le Séminaire, livre xix, op. cit., p. 15.
[18] Miller J.-A., «En direction de l’adolescence», Après l’enfance, Paris, Navarin, Collection de la petite Girafe n° 4, 2017, p. 19.
[19] Lacan J., Le Séminaire, livre xviii, op. cit., p. 34.
[20] Ibid., p. 67.
[21] Lacan J., Le Séminaire, livre xix, op. cit., p. 16.
[22] Ibid., p. 17.
[23] Lacan J., Le Séminaire, livre xviii, op. cit., p. 34.
[24] Lacan J., «L’instance de la lettre dans l’inconscient ou la raison depuis Freud», Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 521
[25] Lacan J., Le Séminaire, livre xviii, op. cit., p. 34.
[26] Miller J.-A., «Le savoir de l’enfant», Peurs d’enfants, Paris, Navarin, Collection de la petite Girafe n° 1, 2011, p. 18.